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Texte complémentaire    Chapitre XXII

Entraînement au commentaire

 

Le commentaire porte sur l'extrait suivant du chapitre XXII : de "Celui-ci mena d'abord Candide et Martin à la comédie." à C'est, dit l'abbé, un faiseur de feuilles, un Fréron". 

  


Voltaire critique la société parisienne, et plus spécialement la société littéraire et celle des spectacles. Mais ici, sa démarche est originale car la critique générale tourne à la satire spirituelle. Voltaire s’implique personnellement soit pour attaquer, soit pour défendre. Au sein d’une fiction qui ne doit faire entendre que les personnages et le narrateur, l’auteur fait retour (confusion des niveaux d la narration).

On a donc la problématique suivante : en quoi la satire personnelle des ennemis de Voltaire sert-elle la critique et/ ou la défense de la société littéraire en général ?

 

 

I – Tension entre la critique littéraire et la satire personnelle

 

1.1              ) La critique des critiques

Qualificatifs péjoratifs : « beaux esprits », « raisonneurs ». Le caractère hyperbolique et donc peu crédible du jugement. Les justifications : le parti pris contre l’auteur qui n’a rien à voir avec la pièce, la résurgence de querelles philosophiques entre rationalisme et essentialisme qui n’ont rien à voir avec la pièce, le recours à un argument d’autorité. la mise en évidence de l’acharnement de la polémique dans le milieu littéraire (lignes 48-58).

 

1.2 ) Les allusions à Voltaire

La pièce qui se passe en Arabie est une allusion du personnage à l’Orphelin de la Chine de Voltaire lui-même : contamination de la fiction par la réalité contemporaine, du niveau de la narration par celui de l’auteur. Le débat contre les idées innées implique également Voltaire (lignes 55-57). Les brochures sont une allusion aux nombreux ennemies littéraires de Voltaire qui critiquent ses pièces (lignes 57-58). La pièce ligne 90 où Candide a tant pleuré est en fait Tancrède de Voltaire (qui fait ainsi sa propre promotion). L’allusion finale (l.97) fait référence à Fréron, ennemi de Voltaire et rédacteur de l’Année littéraire.

 

1.3 ) La verve satirique

Le texte va crescendo dans la violence de la satire. Les critiques sont qualifiés de « Beaux esprits » puis de « raisonneurs ». Mais le dernier paragraphe se fait beaucoup plus précis et violent : le critique est qualifié par Candide de « Gros cochon », de « mal vivant ». Voltaire l’accuse de critiquer toutes les pièces de théâtre sans distinction, ce qui ôte toute valeur à la critique, et de le faire uniquement dans un but matériel : l.92-93. Il y a ensuite l’accusation personnelle d’impuissance (on passe de la critique de l’œuvre à l’attaque ad hominem, de la personne) : l.93-94. Les termes sont volontairement forts : on tombe dans le bestiaire à dans des termes désignant culturellement la corruption : « serpent », « fange », « venin ». La satire s’appuie sur le néologisme plaisant : « folliculaire », et sur le passage d’un nom propre à un nom commun, l’ennemi de Voltaire devenant ainsi le type même du critique stérile et mauvais.

 

II – La défense du théâtre

 

Voltaire se concevait avant tout comme dramaturge, tant par ses idées nouvelles sur le théâtre que par ses tragédies.

 

2.1 ) La défense des comédiens

Critique d’une société hypocrite qui révère les comédiens tant qu’ils sont vivants mais qui leur dénie la sépulture quand ils sont morts (allusion à l’excommunication des comédiens).

 

2.2 ) Le jeu sur les sens propres et figurés

Jeu sur « reines d’Angleterre » par lequel Candide confère à l’actrice la majesté du rôle qu’elle a incarné. Redéfinition des « honneurs de la sépulture » (emploi en mention) pour montrer le caractère dérisoire et donc injuste d’une intolérance. Dénonciation du sort particulier des actrices assimilées à des prostituées (on les mène au cabaret, l.71).

 

2.3 ) La défense du théâtre du XVIIIe siècle 

Défense du théâtre du temps (remarque de Martin qui met en perspective la réussite du théâtre derrière l’apparente médiocrité du nombre de pièces) ; critique du théâtre de Thomas Corneille, révéré parce que du XVIIe siècle et que Voltaire juge assez plat : l.64-65.

 

III – Pour une critique plus large

 

Comme Montesquieu dans les Lettres persanes, Voltaire utilise le regard d’un étranger, d’un naïf, pour percevoir de façon neuve les contradictions apparentes de la société.

 

3.1 ) La critique de la société parisienne

Si Voltaire parle des spectacles, c’est qu’ils débouchent logiquement sur l’idée d’une société qui est une société de masques, donc d’hypocrisie. Ainsi, la gaieté de la bonne société parisienne cache les jalousies venimeuses et les pires scélératesses : l. 87-88.

 

3.2 ) La critique de la société tout entière

Les contradictions du monde littéraire peuvent s’étendre à l’ensemble de la société : contradictions » et « incompatibilités » s’étendent au gouvernement, aux tribunaux, à l’Eglise (l.82-85). Même procédé que dans Les Lettres persanes de Montesquieu.

 

 

 

 

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