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Biographie commentée de Charles de Gaulle

 

 


     Les instructions officielles nous demandent d’étudier une partie des Mémoires d’un homme qui peut être considéré comme un écrivain mais qui est avant tout un militaire, un homme politique et un chef d’Etat. Aussi est-il nécessaire d’inscrire l’étude du troisième tome des Mémoires de guerre, « Le Salut » dans l’ensemble de la vie de Charles de Gaulle :

Ø      Nous avons voulu prélever dans le foisonnement des événements ce qui relève des compétences et des actions de Charles de Gaulle et de celles de la France libre.

Ø      Cela peut permettre aux élèves de confronter la vision que l’auteur a de soi-même, de sa vie et des événements de son époque aux faits tels qu’ils peuvent être perçus par l’historiographie.

Ø      Il s’agit aussi de comprendre la cohérence du personnage, et les liens qui existent entre les différentes étapes de sa vie.

Ø      Cette biographie ouvre sur la profonde originalité des Mémoires de guerre dans la tradition mémorialiste française.

 

A l’image de Chateaubriand dont les Mémoires d’Outre-tombe montre trois carrières, celle du militaire, celle du diplomate et enfin celle de l’écrivain, on peut distinguer trois temps dans la vie de Charles de Gaulle : la période du militaire de carrière, celle du résistant, et enfin celle de l’homme d’Etat.

  • > Tout d’abord, on peut noter une profonde cohérence dans la vie de Charles de Gaulle, cohérence qui s’est toujours exprimée, quelque soit l’époque. Cette cohérence se retrouve d’ailleurs dans la formule gaullienne restée célèbre : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France ». On peut voir en effet chez Charles de Gaulle le souci constant d’une France qui doit être une entité nationale forte et indépendante, capable de faire entendre sa voix sur la scène internationale, et de s’imposer aux autres nations. C’est sans doute dans les affres de la première guerre mondiale que Charles de Gaulle a pu se forger cet idéal qu’il n’a cessé ensuite de défendre : ses écrits militaires durant l’entre-deux guerres sur la nécessité d’une armée de métier, ses efforts pour imposer aux autres nations la reconnaissance de « La France libre », sa volonté de faire participer la France au concert des nations d’après-guerre, ses prises de position vis-à-vis du gouvernement américain tant sur la situation en Europe que par la suite durant la guerre du Vietnam, sa décision de retirer la France du système de l’Otan, en font foi. Il est important de voir dans le troisième tome des Mémoires de guerre comment s’exprime ce souci de l’indépendance et de l’autorité françaises : comment l’auteur présente-t-il la nation française ? comment les relations de la France avec les autres nations sont-elles présentées ? comment les Mémoires construisent-ils le mythe d’une France puissante et indépendante ([ retravail de l’Histoire, manipulation des données historiques, jeu de la narration…) ?
  • > A ce destin de la France se lie un autre destin : le sien propre. De Gaulle manifeste une certaine idée de soi, qui se traduira par un destin national. Destin de la France et destin personnel sont ainsi étroitement liés et même consubstantiels. C’est pourquoi ce militaire de carrière présente toujours une volonté d’indépendance même vis-à-vis de sa hiérarchie, qui l’amène dans l’entre-deux guerres à présenter des théories militaires originales et à partir pour Londres le 17 juin 1940, alors que le maréchal Pétain vient de demander l’armistice à l’Allemagne.
  • > Cela amène à la profonde originalité des Mémoires dans la tradition mémorialiste française (qui s’explique aussi bien par la personnalité de Charles de Gaulle que par le fait qu’il n’est pas au départ un écrivain) : alors que la tradition mémorialiste française est dominée, depuis Montaigne au moins, par l’affirmation de plus en plus forte du moi de l’écrivain, perçu dans sa vie quotidienne, ses sentiments, ses impressions, ses qualités et ses travers, nul épanchement personnel chez de Gaulle. Les Mémoires  sont en permanence l’œuvre d’un homme public. Pas d’autobiographie dans ces Mémoires qui sont consacrés au destin national de la personne de l’auteur et à la vision personnelle du destin de la nation. Ce Je national permet de donner une vision unique et originale de la France et devient au besoin un il quand il s’agit de la personne de l’auteur. A ce titre, le propos est volontiers fondateur et la vision originale peut devenir originelle. A tel point que les Mémoires sont aussi une part active de l’engagement politique et étatique de Charles de Gaulle, lors de la parution du troisième tome en 1958. Il faudra à ce titre étudier le double processus de personnification de la France et de nationalisation du je auctorial, le travail sur la figure du narrateur-personnage, les mises en scène de soi (et les différentes postures de l’auteur), le jeu des points de vue, l’usage des pronoms, celui de la mimesis formelle…

 

 

Un militaire de carrière mais qui affirme sa personnalité

 

Ø      1890, 22 novembre : naissance de Charles de Gaulle à Lille.

Ø      1909 : entre à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr.

 

Ø      1914, 15 août : lieutenant, Charles de Gaulle est blessé sur le pont de Dinant, puis évacué jusqu’en décembre.

Ø      1916, 2 mars : Promu capitaine, de Gaulle est blessé à Douaumont. Il est fait prisonnier.

Ø      De 1916 à 1918, emprisonné en Allemagne, il tente cinq évasions, mais ne rentrera que le 3 décembre 1918.

 

Ø      1919-1920 : affecté en Pologne, pour soutenir l’armée polonaise.

Ø      1921-1939 : de Gaulle entre à l’Ecole supérieure de guerre, puis fait partie de l’état-major du maréchal Pétain, et part en mission à Beyrouth. Il rédige également plusieurs ouvrages. Il y développe ses théories militaires sur la nécessité d’un corps de blindés et la création d’une armée de métier.

 

Ø      1939, 2 septembre : commande les chars de la 5e armée.

Ø      1940, 26 avril : commandant par intérim de la 4e division cuirassée de réserve.

Ø      17-31 mai : combat à Montcornet, Crécy et Abbeville.

Ø      23 mai : général de brigade à titre temporaire.

Ø      5 juin : sous-secrétaire d’Etat, chargé de la Défense nationale et de la Guerre.

Ø      17 juin : alors que le maréchal Pétain demande l’armistice à l’Allemagne, de Gaulle quitte Bordeaux pour l’Angleterre avec son aide de camp, Geoffroy de Courcel.

 

Un résistant qui entend imposer une « France libre » et se veut un destin national

 

Ø      18 juin : de Gaulle lance un appel à la Résistance sur les ondes de la BBC.

Ø      28 juin : de Gaulle est reconnu chef des Français libres par le gouvernement britannique. Les Forces françaises libres sont organisées par le général de Gaulle en réaction contre l’armistice et pour poursuivre la lutte auprès des Alliés. Elles sont composées de toutes les formations militaires ayant fui la France. Leurs effectifs sont d’environ 7000 hommes dont 500 aviateurs dirigés par l’amiral Muselier.

Ø      22 août : Il est condamné à mort par contumace par un tribunal militaire à Vichy.

Ø      9 septembre : les comptoirs français de l’Inde se rallient à la France libre.

Ø      24 septembre : ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France libre.

Ø      25 septembre : La tentative de débarquement à Dakar des forces de la France libre, sous la direction du général de Gaulle et avec l’appui des Britanniques, est abandonnée.

Ø      27 octobre : manifeste de Brazzaville. Occupation du Gabon par les Forces françaises libres. Le général de Gaulle, qui a perdu de son prestige depuis l’échec de Dakar, mais qui sait pouvoir compter sur les colonies, crée à Londres le Conseil de défense de l’Empire, embryon de son gouvernement.

Ø      12 novembre : Afrique équatoriale française : Félix Eboué est nommé gouverneur par le général de Gaulle.

Ø      25 décembre : Création officielle du premier groupe d’aviation de la France libre.

 

Ø      1941

Ø      2 mars : en Libye, les FFL, commandées par le colonel Leclerc, ont vaincu les Italiens à Koufra.

Ø      24 septembre : création du Comité national français.

Ø      26 septembre : reconnaissance de la France libre par l’URSS.

Ø      8 décembre : la France libre déclare la guerre au Japon.

 

Ø      1942

Ø      1er janvier : sur l’ordre de de Gaulle, Jean Moulin est parachuté en France pour réorganiser les mouvements de résistance.

Ø      10 juin : Les FFL dirigées par la général Koenig quittent Bir Hakeim.

Ø      9 juillet : les Etats-Unis reconnaissent à leur tour le Comité national français.

 

Ø      1943

Ø      14 janvier : Roosevelt et Churchill se rencontrent, en présence du général de Gaulle, à Casablanca, pour évoquer les futurs débarquements et la reddition de l’Allemagne, du Japon et de l’Italie.

Ø      27 mai : première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR). Il est alors présidé par Jean Moulin et reconnaît l’autorité du général de Gaulle.

Ø      31 mai : arrivée du général de Gaulle à Alger.

Ø      3 juin : création du Comité français de la Libération nationale (CFLN) sous la coprésidence de de Gaulle et Giraud, fusion du gouvernement d’Alger et de celui de la France libre, à Londres. Le général Catroux est nommé gouverneur général de l’Algérie et l’amiral Muselier devient l’adjoint de Giraud.

Ø      21 juin : arrestation de Jean Moulin à Caluire.

Ø      juillet : resté à Alger, de Gaulle transforme les cérémonies du 14 juillet en véritable investiture personnelle. La flotte française de l’amiral Robert a été récupérée par la général de Gaulle ainsi que l’or de la Banque de France, caché à Fort-de-France, qui a été rapatrié à Alger. L’influence gaulliste grandi, soutenue par un secrétariat, confié à MM. Joxe et Faure, un comité juridique dirigé par René Cassin et un secrétariat militaire.

Ø      26 août : les alliés reconnaissent le CFLN, qui devient un véritable gouvernement provisoire de la France.

Ø      17 septembre : le général de Gaulle crée, à Alger, une Assemblée consultative provisoire qui donnera au CFLN la forme d’un gouvernement provisoire. Elle est composée des représentants des mouvements unifiés de la Résistance et de ceux des partis de la Troisième République.

Ø      9 novembre : de Gaulle prend seul la tête du CFLN. Il déclare, le 12 novembre, lors de la première session de l’Assemblée consultative provisoire : « Cette réunion est, en effet, ni plus ni moins qu’un début de résurrection des institutions représentatives françaises ».

 

Ø      1944

Ø      24 janvier – 2 février : conférence de Brazzaville. Le général de Gaulle décide le rassemblement de toutes les forces de la Résistance sous le nom de FFI, Forces françaises de l’Intérieur.

Ø      3 juin : le CFLN devient le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF).

Ø      25 août : retourné définitivement en France le 20 août, de Gaulle prononce le discours de l’hôtel de ville après la libération de Paris.

Ø      26 août : descente des Champs-Elysées.

Ø      23 octobre : la conférence des Quatre Grands sur l’ONU consacre la reconnaissance officielle du gouvernement du général de Gaulle. Le gouvernement d’Union nationale formé six semaines auparavant regroupe aussi bien des communistes que la Fédération républicaine. Le danger de la guerre civile par exécutions sommaires est très grave.

Ø      7 novembre : de Gaulle réclame une zone française d’occupation en Allemagne.

 

Un chef d’Etat soucieux de l’indépendance de la France

 

Ø      1945

Ø      4 février : ouverture de la conférence de Yalta, où la France n’a pas été invitée.

Ø      21 octobre : élections générales et référendum sur la nature de l’Assemblée élue (constituante).

Ø      13 novembre : de Gaulle est élu à l’unanimité président du GPRF par l’Assemblée nationale. Il forme un gouvernement tripartite MRP-SFIO-PCF.

Ø      2 décembre : de Gaulle nationalise le crédit et le 26 décembre, le franc est dévalué de 66 %.

 

Ø      1946

Ø      20 janvier : de Gaulle démissionne du gouvernement.

Ø      16 juin : discours de Bayeux où de Gaulle précise ce qu’il attend pour une nouvelle Constitution.

 

Ø      1947, 7 avril : de Gaulle crée le Rassemblement du Peuple français.

 

Ø      1952

Ø      27 mai : signature à Paris du traité de Communauté européenne de défense. De Gaulle et le RPF manifestent leur opposition.

 

Ø      1958

Ø      15 mai : de Gaulle se dit prêt à assumer les charges du pouvoir.

Ø      29 mai : Après la démission du gouvernement Pflimlin, la veille, de Gaulle est appelé à la présidence du Conseil par le président de la République, René Coty.

Ø      1er juin : de Gaulle est investi président du Conseil par l’Assemblée nationale qui lui accorde les pleins pouvoirs et le charge de faire une réforme constitutionnelle.

Ø      26-28 septembre : la nouvelle constitution est soumise à référendum et approuvée par 80 °/o des Français.

Ø      21 décembre : de Gaulle est élu président de la République française et de la Communauté africaine et malgache.

 

Ø      1959, 16 septembre : de Gaulle annonce le principe de l’autodétermination pour la politique algérienne.

 

Ø      1960, juillet-août : indépendance des Etats de la Communauté africaine et malgache.

 

Ø      1961, 23 avril : après le putsch des généraux à Alger la veille, l’article 16 de la Constitution sur les pleins pouvoirs est mis en œuvre.

Ø      8 septembre : attentat manqué de Pont-de-Seine.

 

Ø      1962, 7-18 mars : rencontre d’Evian entre Français et FLN aboutissant à l’indépendance de l’Algérie.

Ø      22 août : attentat manqué du Petit-Clamart.

 

Ø      1965, 19 décembre : de Gaulle est élu président de la République au second tour, contre François Mitterand.

 

Ø      1966

Ø      8 janvier : composition du nouveau gouvernement de Georges Pompidou.

Ø      7 mars : la France se retire du système intégré de l’OTAN.

Ø      1er septembre : discours de Phnom Penh dans lequel il demande la neutralité des Etats-Unis à l’égard de la péninsule indochinoise.

 

Ø      1968

Ø      30 mai : de Gaulle annonce la dissolution de l’Assemblée nationale.

 

Ø      1969

Ø      27 avril : échec du référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation.

Ø      28 avril : démission de de Gaulle.

 

Ø      1970

Ø      9 novembre : mort de de Gaulle.

Ø      12 novembre : obsèques du Général à Colombey-les-deux-Eglises.

 

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